Macro-économie

Inflation en recul : ce que les chiffres ne disent pas encore

L'indice des prix ralentit. Pourtant, neuf ménages sur dix disent ne pas sentir de soulagement. Voici pourquoi.

Étiquette de prix dans un rayon de supermarché

Quand la statistique et le vécu divergent

En janvier 2024, l'INSEE a publié un taux d'inflation annuel à 3,1 %, contre 5,9 % un an plus tôt. Sur le papier, c'est une nette amélioration. Dans les rayons des supermarchés et devant les factures d'énergie, le ressenti reste pourtant bien différent. Comprendre cet écart nécessite de regarder au-delà du chiffre global.

Première clé : l'inflation ne recule pas de manière uniforme. Les produits alimentaires transformés affichent encore une hausse proche de 5 % en glissement annuel. Les loyers, eux, progressent à un rythme soutenu dans les grandes métropoles, Nantes incluse, portés par la pression locative et l'indexation des baux sur l'indice de référence. Ce sont précisément les postes qui pèsent le plus lourd dans le budget des ménages à revenus modestes.

Deuxième clé : la désinflation, c'est-à-dire le ralentissement de la hausse des prix, ne signifie pas une baisse des prix. Un bien qui coûtait 100 € en 2021 coûte aujourd'hui environ 116 € si l'on additionne les hausses successives. Le recul de l'indice signifie que la prochaine hausse sera plus faible — pas que les prix retrouvent leur niveau d'avant.

Enfin, les salaires réels — c'est-à-dire les salaires corrigés de l'inflation — peinent à rattraper le terrain perdu. La Banque de France estime que le pouvoir d'achat moyen par ménage a reculé de 1,8 % entre 2021 et 2023, malgré les revalorisations du SMIC. Ce n'est qu'un début de rattrapage, et il sera long.

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